Corda Sophie / Faniel Audrey / Gilson Morgane / Grégoire Noßemie
Traduction collective de « Über das Holz » de Tawada Yoko 

Réflexion sur le bois*

 

À la fin du mois de décembre, je me suis rendue à Hô Chi Minh-Ville et à Bangkok. Je ne suis pas retournée à Tokyo, ma ville natale, parce que je n’avais pas le temps. Ça ne m’a pas rendue triste. En effet, ce qui me manque, je le trouve plutôt dans une autre ville asiatique que Tokyo. Peut-être est-ce dû à mon refus de déterminer clairement ce qui me manque. D’ailleurs, « manquer » n’est pas le mot exact, car je ne manque de rien. Hambourg offre tout ce que je peux apprécier quand je suis dans cette ville. Et pourtant je retourne volontiers en Asie, animée par le sentiment que je désigne en allemand par le néologisme Heimatlust, littéralement le « plaisir du pays natal », qui n’est pas la même chose que Heimatverlust, un mot qui existe déjà et qui signifie la « perte du pays natal ». Heimatlust, c’est le plaisir que l’on ressent quand on pose un regard nouveau sur son pays natal.

Aussi ai-je retrouvé, au cours de ce voyage en Asie, un élément de mon enfance qui avait presque disparu de ma mémoire durant mon long séjour en Allemagne : le sapin de Noël en plastique paré de mille et une figurines et d’une guirlande lumineuse. Certes, on voit parfois des sapins artificiels en Allemagne, mais ils ne sont pas très appréciés. Ils ne sont que des substituts du véritable sapin. Quant au sapin asiatique, on a l’impression qu’il doit être en plastique, car on l’installe pour vénérer cette matière comme une sorte de divinité.

En Europe, les gens se sentent coupables d’utiliser du plastique, probablement parce que cette matière n’a pas été créée par Dieu. En Asie, le plastique n’est pas un péché.

La guirlande lumineuse joue également un rôle différent sur les sapins de Noël asiatiques. Elle ne sert pas à décorer l’arbre. C’est l’électricité elle-même qui est sacrée. Certes, il y a aussi des guirlandes lumineuses sur les sapins de Noël allemands, mais elles restent discrètes, comme si elles étaient conscientes de ne jouer qu’un rôle secondaire. C’est la beauté du sapin naturel qui doit toujours être au centre de l’attention. Parfois, l’arbre est aussi décoré de vraies pommes ou de bougies rouges. Il m’arrive souvent de m’arrêter devant un sapin de Noël allemand pour admirer l’esthétique de ce culte de l’arbre.

À Tokyo, le sapin de Noël est devenu populaire il y a une trentaine d’années, sans pour autant que le christianisme ne se soit répandu avec lui. Cette situation est peut-être comparable à celle des amateurs d’art en Europe, qui collectionnent les statues de Bouddha sans croire au bouddhisme. Leur divinité s’appelle « Art ».

De même, en Allemagne, le sapin de Noël n’a pas toujours été aussi apprécié. J’ai été surprise de lire qu’au début du xixe siècle, il y avait sur le marché de Noël berlinois cinq fois plus de pyramides lumineuses que de sapins. En quelque sorte, la pyramide lumineuse, cette structure en bois décorée de bougies sur plusieurs niveaux, est un peu moins naturelle que le sapin de Noël. Mais pour les gens de l’époque, une pyramide lumineuse était peut-être plus naturelle qu’un vrai sapin. Comment le sapin de Noël a-t-il pu l’emporter sur la pyramide lumineuse ? Le culte de l’arbre est-il un phénomène de l’époque moderne ?

Je me souviens de deux phrases griffonnées sur la porte d’une toilette à l’Université de Hambourg. À l’époque, j’étais étudiante de première année et je lisais attentivement tout ce qui me sautait aux yeux. La première phrase disait : « Dieu est mort » et la seconde : « la Forêt allemande se meurt ». La première divinité est déjà morte et la seconde est sur son lit de mort. C’est à ce moment que, pour la première fois, j’ai pris conscience de cette chronologie historique : d’abord le christianisme, puis le culte de l’arbre.

À Hô Chi Minh-Ville, j’ai visité plusieurs temples où j’ai vu des statues de Bouddha illuminées : sur le panneau derrière la tête de Bouddha clignotaient de petites lumières colorées qui créaient des motifs géométriques, exactement comme sur les machines à sous que l’on trouve souvent dans les cafés de gare en Allemagne. À Bangkok, les restaurants de nouilles, les laveries ou encore les agences de voyage possédaient tous leur propre statue de Bouddha décorée avec une guirlande lumineuse, exactement comme un sapin de Noël. Le courant électrique est un flux gigantesque et invisible, un torrent d’énergie : une simple guerre peut détruire complètement les maisons d’une ville, mais on ne peut pas anéantir le courant électrique. Il ne disparaît pas : il se transforme sans cesse.

Dans mon enfance, le plastique et l’électricité ont marqué l’image que j’avais des grandes villes. Pour moi, le corps d’une grande ville n’était constitué ni de bâtiments ni de rues. Je vivais plutôt dans une masse informe composée d’êtres humains, de courant électrique et de plastique. Le plastique incarne une multiplication rapide, infinie et infatigable, comme le lapin de Pâques en Allemagne. Lorsque l’on voit une poupée en plastique, on sait qu’il en existe déjà des milliers d’exemplaires et qu’elle va continuer à se multiplier.

Dans les rues d’Hô Chi Minh-Ville, j’ai vu d’innombrables petits tabourets, sur lesquels étaient assis des hommes et des femmes buvant un café serré sucré. Ces tabourets étaient en plastique rouge, vert ou jaune.

Dans une papeterie de Bangkok, j’ai vu toute une série de taille-crayons électriques. Quand j’étais enfant, ces appareils étaient à la mode parmi les élèves. Mais moi, je préférais mon canif, qui me permettait à la fois de tailler mon crayon et d’y graver des lettres. Pour moi, le crayon était un bout de bois magique. Aujourd’hui, je n’écris plus seulement au crayon, mais aussi à l’ordinateur, dont le corps est composé de plastique et d’électricité. Il a exactement la même couleur gris clair que mon chat.

En Allemagne, il existe une coutume que j’apprécie beaucoup : on frappe trois fois sur du bois pour éviter un malheur. Chaque morceau de bois semble être une porte qui relie notre monde à celui des dieux du bois. On frappe à la porte pour leur demander de nous protéger. On touche très souvent du bois lorsque l’on travaille sur un ordinateur, par exemple quand on s’exclame : « Pourvu qu’il n’efface pas tout le texte ! » Car c’est justement quand on travaille sur l’ordinateur que survient souvent un malheur qui, telle une catastrophe naturelle, est inévitable et imprévisible. Dans ce cas, seuls les dieux du bois peuvent encore nous aider. Quand l’ordinateur est posé sur un bureau en bois, on peut frapper sur cette surface. Mais que font les employés qui travaillent sur un meuble en métal ? Il me semblerait judicieux d’insérer une touche en bois dans le clavier. On pourrait alors appuyer trois fois sur cette touche dès qu’on sent un malheur arriver.

 

 

* Cette traduction a été réalisée par Corda Sophie, Faniel Audrey, Gilson Morgane et Grégoire Noémie dans le cadre du cours de « Théorie et pratique de la traduction de l’allemand vers le français II » (Céline Letawe) et présentée en présence de l’auteure Tawada Yoko, lors du festival littéraire « Mixed Zone : PASSAGES » le jeudi 26 octobre 2017 à Liège, en Belgique.

 

*この翻訳文はソフィー・コルダ、オードリー・ファニエル、モルガン・ジルソン、ノエミ・グレゴワール により「独仏翻訳理論と実践」の授業(担当教師 : Céline Letawe)の一環として作成され、2017年10月26日にリエージュ大学(ベルギー)で開催された文学フェスティバル « Mixed Zone : PASSAGES » で 多和田葉子氏の立会いのもとに朗読されたものです。

 

 

 

Oct. 2017

http://events.ulg.ac.be/mixedzone/chronique/experience-tawada-experience-inedite/

 

Events5.10. “A German Evening” in Brüssel  http://www.bozar.be/en/activities/115763-a-german-evening
6.10. “Histoire de Knut” in “Texture” , Paris http://www.texture-librairie.fr/

7.10. “Histoire de Knut” in Bordeux.  http://www.lamachinealire.com/

8.10. 18:30 “Histoire de Knut” in Arles.

http://www.livre-paca.org/evenements/passage-de-l-etranger-23-yoko-tawada-et-bernard-banoun-Serv_046_13193890030

 

 http://www.ages-info.org/spip/spip.php?article1717

★★★

Histoire de Knut !!!!!!!!!!

https://diacritik.com/2016/09/27/yoko-tawada-it-would-seem-easier-to-meet-the-man-who-saw-the-man-who-saw-the-bear-than-the-bear-itself-histoire-de-knut/

http://www.la-croix.com/Newsletter/Cahiers-Livres-et-idees/Odyssees-animales-2016-08-25-1100784382?utm_term=315497

 

http://editions-verdier.fr/livre/histoire-de-knut/

AKZENT
★★★

Rencontre avec Yoko Tawada

http://www.u-bordeaux-montaigne.fr/fr/actualites/recherche/rencontre-avec-yoko-tawada.html

La Maison des écrivains et de la littérature vous invite à

> « Climat(s)» avec Yoko Tawada

Jeudi 7 mai de 19h à 20h30
avec le soutien de la Sofia
et en collaboration avec le Goethe Institut
et l’association Les Amis du Roi des Aulnes

Rencontre dans le cadre du cycle « Leçons de littérature » présenté chaque
premier jeudi du mois par l’écrivain Cécile Wajsbrot.

Avec la lecture d’un texte inédit de Yoko Tawada, auteur en langues japonaise et allemande. Son œuvre est publiée en France aux éditions Verdier, dans des traductions de Bernard Banoun, on lui doit notamment Narrateurs sans âmes (2001), L’œil nu (2005), Le Voyage à Bordeaux (2009) et, plus récemment, Journal des jours tremblants. Après Fukushima (2012).
Elle vit aujourd’hui à Berlin.
L’auteur invitée abordera – à partir du mot climat – une réflexion sur la création littéraire à travers sa pratique.

au Goethe Institut
17, avenue d’Iéna – 75016 Paris
(métro : Iéna) – Entrée libre et gratuite

A très bientôt !

Catherine Riza
Administration – Médiation culturelle – Site de la Mel
Maison des écrivains et de la littérature – la Mél
67, boulevard de Montmorency – 75016 Paris
01 55 74 60 91

 

 

http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-tawada.html

 

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5.4.2013 -7.4.2014 Festival Frontières (Boder Festival) in Thionville, France

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http://escaledulivre.com/index.php/edition-2012/programme/grands-debats-entretiens/13-auteur/89-tawada-yoko.html

http://www.liberation.fr/livres/01012395998-sens-dessus-dessous

http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/03/15/yoko-tawada-une-tokyoite-a-berlin_1669345_3260.html

http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-journaldesjourstremblants.html

Yoko Tawada invitée par Bernard Banoun – dans le cadre du programme “Ecrivains en résidence à la Sorbonne”, 5 au 31 mars 2012

  • Jeudi 8 mars /// 14h – 17h30 Colloque « Yoko Tawada et la culture française »  Goethe-Institut  (en Allemand) http://www.goethe.de/ins/fr/par/ver/fr8886701v.htm
  • Vendredi 9 mars /// 9h – 17h Colloque « Yoko Tawada et la culture française »
    Centre Malesherbes Paris Sorbonne – Amphithéâtre 122 – 108 bd Malesherbes – 75017 Paris (en Allemand) http://www.goethe.de/ins/fr/par/ver/fr8886701v.htm
  • -­‐  JEUDI 8 MARS, 18 h 30 à 20 h00, Goethe Institut: conversation entre Yoko Tawada et Philippe Forest (avectraduction allemand-­‐français et français-­‐allemand)
  • -­‐  SAMEDI 10 MARS 15 h 00, rencontre entre Yoko Tawada, Ryoko Sekuguchi et Chihiro Minato (avec traduction allemand-­‐français et japonais-­‐français), bibliothèque Faidherbe, 18 rue Faidherbe, 75011 PARIS
  • -­‐  MERCREDI 14 MARS, 17 h 00, Centre Malesherbes, amphi 122, Leçon de poétique par Yoko Tawada (en allemand „Brecht/Puccini : Die Moderne übersetzt“, suivie d’un discussion. Présentation et modération,Jean-­‐Marie Valentin, Bernard Banoun. En partenariat avec l’association Les Amis du Roi des Aulnes.
  • -­‐ VENDREDI 16 MARS, 16 h 00 rencontre entre Kenzaburo Oe, Folent Guénard et Yoko Tawada. Salon du Livre. (avec traduction)
  • – VENDREDI 16 MARS, 19 h 00 lectures “Tokyo-Berlin, Berlin-Tokyo” Salon du Livre.
  • -­‐ DIMANCHE 18 MARS, 15 h 00 recontre avec Bernard Banoun (et Michel Deguy?), Salon du Livre
  • MERCREDI 21 MARS, 19 h 00 LA Cédille 33, rue des Volontaires – 75015 Paris Tel/Fax: 01 45 67 67 40

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Dans le cadre du programme d’écrivains en résidence à la Sorbonne, 5.-31. März 2012

Rencontre internationale

Yoko Tawada und die französische Literatur und Kultur

Donnerstag 8. März 2012 – 14.00-20.00

Goethe-Institut Paris

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Journal des jours tremblants après Fukushima

Dans le cadre de l’Escale du Livre

Table ronde
samedi 31/03/2012 14h & 16h
Escale du Livre, Quartier Ste Croix Bordeaux
Français et allemand, avec traduction
Entrée libre
+33 5 56484267

Lettres japonaises

Avec Michaël Ferrier et Florent Chavouet

Samedi 31 mars, 14h00 Salle de l’Atelier


[ Rencontre littéraire ]

Berlin : matière littéraire

Avec Jean-Yves Cendrey, Bernard Thomasson et Alban Lefranc

Samedi 31 mars, 16h00 Salle de l’Atelier

http://escaledulivre.com/index.php/edition-2012/programme/grands-debats-entretiens/13-auteur/89-tawada-yoko.html
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Études germaniques – N°3/2010

L’oreiller occidental-oriental de Yoko Tawada

http://www.klincksieck.com/livre/?GCOI=22520100340230&fa=sommaire

INÉDIT
Yoko TAWADA - Europa und Mehrsprachigkeit
ARTICLES
Bernard BANOUN – Notes sur l’oreiller occidental-oriental de Yoko Tawada
De la langue
Cécile SAKAI – Tawada Yôko et le mystère de l’écriture
Miho MATSUNAGA – Zum Konzept eines « automatischen » Schreibens bei Yoko Tawada
Birgit MAIER-KATKIN – Über Polyglotte und Mitteilbarkeit : Yoko Tawada im benjaminischen Kontext der Sprache
De la traduction
Julia GENZ – Yoko Tawadas Poetik des Übersetzens am Beispiel von Überseezungen
Livia MONNET – L’arcade de la littéralité ou la profondeur de l’immédiat. Poétique des surfaces et traduction dans Überseezungen de Yoko Tawada
Yun-Young CHOI - Übersetzung der Wörtlichkeit. Einige Probleme der Übersetzung und des Schreibens bei Tawada
Yumiko SAITO – Une tentative de double traduction. Analyse du Voyage à Bordeaux (Schwager in Bordeaux) de Yoko Tawada
Bettina BRANDT et Désirée SCHYNS - Neu vernetzt : Yoko Tawadas « Bioskoop der Nacht » auf Niederländisch
Écriture et intermédialité
Hansjörg BAY - « Eyes wide shut ». Mediale Übersetzungen in Yoko Tawadas Das nackte Auge
Suzuko MOUSEL KNOTT – Yoko Tawada und das « F-Word » : Intertextuelle und intermediale Prozesse des Romans Ein Gast im feministischen Diskurs
Weltliteratur
Christine IVANOVIC – Objekt O/Œû ? Beckett, Kleist, Tawada
Monika SCHMITZ-EMANS - Rausch und Rauschen. Yoko Tawada tanzt mit Thomas de Quincey
Daniel MEDIN – The Woman Who Disappeared : Traces of Kafka in Yoko Tawada’s Das nackte Auge
Géopoétiques
Dennitza GABRAKOVA – « A Hole in the Continent » : The Geopoetics East/West of Tawada Yōko
Shigemi NAKAGAWA – Ein Europa der Verführung : Über Schwager in Bordeaux
Doug SLAYMAKER – Travelling Optics in Yoko Tawada
Maria MAYR – Pulverschrift Berlin im löchrigen Europa
NOTE ET DOCUMENT
Catherine KRAHMER - Ästhetik und Nation
BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-tawada-5.html

Le Voyage à Bordeaux

Romancière japonaise écrivant alternativement en allemand et en japonais, sans jamais se traduire elle-même d’une langue à l’autre, Yoko Tawada ne cesse de traquer le mystère de la différence des langues et des civilisations, dans un va-et-vient constant entre Orient et Occident.
Dans ce nouveau roman, elle s’invente un double, Yuna, Japonaise venue comme elle étudier en Allemagne et résidant à Hambourg. Yuna souhaite changer d’horizon : son amie Renée lui propose de se rendre à Bordeaux pour y apprendre le français en logeant dans la maison laissée vacante par son beau-frère, Maurice. Accueillie par celui-ci, Yuna découvre Bordeaux, mais parcourt surtout au fil des pages le labyrinthe de ses souvenirs faits de multiples rencontres, d’amitiés durables ou éphémères. Sur son carnet, les idéogrammes de sa langue maternelle lui servent encore de fragile aide-mémoire.
À la Piscine Judaïque de Bordeaux, Yuna perdra le dictionnaire allemand-français qu’elle avait emporté avec elle, emblème des repères incertains qui permettent le passage d’un monde à l’autre. Car ce voyage est pour l’héroïne un itinéraire initiatique, une mise à l’épreuve, et pour Yoko Tawada une manière de renouveler et de subvertir la tradition du roman d’apprentissage.

Le Voyage à Bordeaux
L’Œil nu
Train de nuit avec suspects
Opium pour Ovide
Narrateurs sans âmes

Médaille Goethe, 2005
Prix Tanizaki, 2005 (Train de nuit avec suspects)
Prix Adalbert-von-Chamisso, 1996
Prix Akutagawa, 1993
Prix des jeunes auteurs, décerné par la revue Gunzô, 1991

France 2010

2. Février – Paris

http://paris.aquitaine.fr/spip.php?page=paris

http://paris.aquitaine.fr/spip.php?article232

2011

http://bernard-banoun.webnode.fr/

ich computer CM 09

© Christine Montalbetti